Blessures visibles, blessures invisibles : comment accompagner le militaire blessé et sa famille ?
Accompagner les blessés militaires et leurs proches
Une blessure, qu’elle soit physique ou psychique, transforme la vie du militaire mais aussi celle de sa famille et de son entourage. Amputation, stress post-traumatique, anxiété, fatigue familiale : ces réalités demandent un accompagnement adapté.
Blessures visibles, blessures invisibles et stress post-traumatique : de quoi parle-t-on ?
Les blessures physiques sont des traumatismes visibles : fractures, amputations, lésions importantes… Elles bouleversent immédiatement la vie du militaire et appellent une prise en charge médicale puis une rééducation adaptée.
Les blessures invisibles, quant à elles, relèvent du traumatisme psychologique. Elles ne se voient pas mais n’en restent pas moins profondes. Le stress post-traumatique (SPT) en est la forme la plus fréquente. Il fait suite à une confrontation à un risque de mort imminente (direct ou indirect) et peut se manifester par des flashbacks, des cauchemars, de l’anxiété ou des crises d’angoisse. Ces signes, parfois difficiles à exprimer, témoignent pourtant d’une souffrance bien réelle.
Le stress post-traumatique (SPT) est la blessure invisible la plus fréquente chez les militaires qui peut bouleverser durablement le quotidien du militaire et celui de sa famille.
Quand la famille devient “proche aidant”
Quelle que soit la blessure (physique ou psychologique), elle affecte profondément la vie de tous. Celles-ci déstabilisent les relations familiales et altèrent la qualité de vie. Dans le parcours de la reconstruction du militaire blessé, la famille joue un rôle clé.
Lors d’une blessure physique, selon sa gravité, l’autonomie du blessé peut être altérée ; la famille, et principalement le/la conjoint(e) est donc directement impactée dans son quotidien, que ce soit dans les tâches quotidienne (douche, habillage…), l’organisation familiale avec les enfants, ou encore les déplacements divers.
Dans le cas de blessure invisible, la conjointe est souvent la première à soupçonner des signes de souffrance psychologique chez son mari, sans pouvoir immédiatement identifier un SPT. Toutefois, elle peut se retrouver dans l'incertitude et hésiter à en parler, ne pas savoir à qui en parler.
L'épuisement émotionnel s'installe progressivement, accompagné d'une incompréhension fréquente, car la situation est souvent difficile à partager avec les autres. Ce déséquilibre familial peut rapidement conduire à un isolement, car l’aidant ne dispose pas toujours des ressources nécessaires pour faire face seul.
L'entraide Tégo ( https://associationtego.fr/les-dispositifs-de-lentraide-tego) peut lui apporter une écoute et l'orienter vers les ressources adéquates, comme le référent blessé au sein des cellules d’aide aux blessés.
Savoir détecter le SPT
Verbaliser un cauchemar, une anxiété ou même une colère inexpliquée peut être difficile, mais c’est un premier pas important vers la guérison. Dans le couple, il est parfois délicat de partager ces sentiments, mais la communication devient indispensable pour maintenir une relation saine. Par exemple, un simple : "J'ai fait une mauvaise nuit", ou "Je fais des cauchemars", peut être un moyen d'ouvrir la conversation sans trop de pression. C'est en se permettant de parler de manière simple, que l'on construit petit à petit un espace de compréhension mutuelle.
Comment l’association Tégo soutient les blessés et leurs proches : les dispositifs d’accompagnement dans les cas de SPT
L’association Tégo s'engage pleinement dans l’accompagnement des militaires blessés et de leur famille. Elle propose un dispositif d’aides allant de l’information et de la sensibilisation via le site internet et nos événements (RDV Tégo, Défi Tégo, ..), à l'orientation vers des dispositifs adaptés, qu’ils soient psychologiques, administratifs ou sociaux grâce à l’entraide Tégo
Dans ces moments de fragilité, l’association Tégo propose un accompagnement humain dans la durée. Ce soutien s’adresse à l’ensemble du foyer : le militaire, son conjoint ou les proches, comme les parents et enfants, qui vivent au plus près des répercussions de la blessure. L’objectif est de proposer une écoute, une orientation et des repères fiables pour ne pas rester seul face aux difficultés.
Le conseil Tégo
Ne pas porter seul la charge de l’accompagnement
Le rôle d’un proche aidant est précieux, mais il ne doit pas être écrasé par la charge. Parler, demander de l’aide et s’appuyer sur des relais extérieurs peut-être nécessaire. L’association Tégo est là pour informer et orienter les familles. L’association Tégo propose un accompagnement humain pour les proches fragilisés (il y a l’aide aux personnes fragiles + l’aide aux aidants), en soutenant non seulement la personne directement touchée, mais aussi toute la famille, qui est non seulement impactée mais parfois oubliée dans le process de guérison. Ce dispositif permet aux familles de trouver un soutien personnalisé et d’être guidées tout au long du parcours de reconstruction.
Les témoignages de femmes de militaires et de familles accompagnées illustrent notre rôle indispensable et l’impact du soutien dans leur parcours de reconstruction.
« Ces blessures invisibles mais qui sont tellement sont très dévastatrices, car c’est elles représentent une tempête retenue derrière un camp de façade. Il y en a qui vont se tourner vers l’art, vers la musique, vers les animaux, vers beaucoup d’associations. Mais parfois, il y a des personnes qui ne peuvent pas se tourner vers tout ça, qui n’ont pas encore trouvé vers qui se tourner. Je remercie l'association Faire Face et Résilience de m’avoir donné la parole aujourd’hui et qui m’accompagne dans ces démarches autant pour trouver des professionnels de santé que les démarches administratives pour avancer un petit peu car dans la réalité, c’est très compliqué pour la famille, le blessé et les gens autour. »
Madame Labarre – compagne de blessé
Visionner la vidéo dans son intégralité : https://www.youtube.com/watch?v=bRdNdU1QwqM
Url de la video : https://www.youtube.com/watch?v=bRdNdU1QwqM
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Vos questions, nos réponses
Comment expliquer une blessure invisible à ses proches ?
Se rapprocher d’un psychologue peut aider à mettre des mots simples, puis à les partager avec sa famille progressivement. La communication est un processus, et il n’est pas nécessaire de tout dire d’un coup.
Ma famille peut-elle être aidée aussi ?
Oui, car l’épuisement familial est réel. Tégo oriente vers des dispositifs de soutien pour le duo blessé-proches-aidant (ça fait 3 là, peut-être blessé/proche ou aidant ?). Nous croyons fermement à l’importance d’accompagner l’ensemble de la famille pour traverser cette épreuve ensemble collectivement.
Qui reconnaît officiellement une blessure invisible ou SPT ?
Seul un médecin psychiatre peut reconnaître un traumatisme psychique. Il est essentiel d’obtenir un suivi médical spécialisé pour que la blessure invisible soit prise en charge de manière officielle.